Le VIH/SIDA reste présent à Madagascar et touche particulièrement certaines populations à risque. Le dernier rapport de l’ONUSIDA sur l’évolution du sida dans le monde révèle un ralentissement des progrès dans la lutte, en dépit de quelques avancées. A Madagascar, la prévalence du VIH au niveau de la population générale de 15 à 49 ans se situe en dessous de la barre du 1%. D’après le rapport remis par Madagascar en 2018 sur la situation du VIH/SIDA dans le pays, la prévalence était de 0,26% en 2017 (exercice de modélisation par Spectrum, en collaboration avec l’ONUSIDA), toujours chez les 15 à 49 ans. En revanche, l’épidémie reste concentrée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (MSM, ou Men having sex with men) avec une prévalence à 14,8% en 2014. Quant aux usagers de drogues injectables, la prévalence est de 8,5% en 2016 et de 5,5% chez les travailleuses du sexe la même année. Il faut cependant reconnaître que dans le pays, nombre de personnes vivant avec le VIH l’ignorent et ne connaissent ainsi pas leur statut sérologique. Le risque de contamination est de ce fait élevé.

A Madagascar, la loi N°2005-040 du 20 février 2006 sur la lutte contre le VIH/SIDA et la protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA est principalement appliquée. Cette loi La présente loi a pour objet de lutter contre la propagation de l’affection causée par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) entraînant la diminution et la perte de défenses immunitaires de l’organisme, se traduisant par le Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise (SIDA) ; de protéger les personnes vivant avec le VIH/SIDA contre toutes formes de discrimination ou de stigmatisation ; et de réaffirmer leurs droits et libertés fondamentaux conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. ll y a également la loi N° 2003-044 du 28 Juillet 2004 portant sur le Code du travail, relatif à la lutte contre le VIH/SIDA en milieu de travail.

La loi N°2005-040 sur la lutte contre le VIH/SIDA et la protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA mentionne les dispositions pénales qui suivent. D’abord, tout acte de discrimination ou de stigmatisation à l’encontre d’une personne, de son ou ses partenaires ou membres de la famille proche du fait de son statut sérologique avéré ou présumé expose son auteur à une peine d’amende de 100 000 MGA à 400 000 MGA (27.40 USD to 109.58 USD). Ensuite, toute divulgation du statut avéré ou présumé faite par une personne tenue de la confidentialité du résultat du test expose son auteur à une peine d’amende de 200 000 MGA à 1 000 000 MGA (54.79 USD to 273.97 USD). Après, toute publicité mensongère pour des médicaments, des produits de soins, pour le traitement ou la prévention du VIH/SIDA est punie d’une amende de 200 000 MGA à 1 000 000 MGA (54.79 USD to 273.97 USD). Et enfin, en cas de transmission du VIH par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, le coupable est puni d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d’une amende de 100 000 MGA à 400 000 MGA (27.40 USD to 109.58 USD). La peine sera portée au double si le délit a été commis par un personnel de la santé ou un tradipraticien.

Au niveau de l’Afrique, le PNUD, met en œuvre pour la période de 2017 à 2020, en collaboration avec plusieurs partenaires, un projet régional sur le renforcement des environnements juridiques et politiques pour réduire le risque de transmission du VIH et améliorer la santé sexuelle et reproductive des jeunes ainsi que celle des populations clés. C’est dans ce contexte que cette évaluation du cadre juridique s’inscrit. Elle est entreprise par l’Etat Malgache avec l’appui du PNUD, en partenariat avec le SE/CNLS et les principales organisations de la société civile intervenant dans le domaine de la lutte contre le VIH, tel que le réseau MAD’AIDS. A Madagascar, aucune évaluation juridique n’a été entreprise en vue de déterminer dans quelle mesure les lois et la pratique entravent ou promeuvent la réponse nationale au VIH et protègent ou violent les droits humains dans le contexte du VIH.

Actuellement, l’Etat malgache à travers le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère de la Santé Publique, collabore avec l’organisation internationale SEED ou Sustainable Environment Education Development en vue d’intégrer dans le cursus scolaire au niveau des lycées, une matière d’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Le projet est actuellement en phase de finalisation de curriculum de formation après avoir été testé sur terrain pendant plusieurs mois au niveau national.